
À lire avant de regardez. Ce manga est plus conseillés pour les personnes de 12 ans ou plus, En raisons de violence, de gros mots ect… Merci de respecter les règle, sur ce bonne lecture !
Chapitre
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 1
Le soleil d’automne filtrait à travers les fenêtres du lycée Friedrichstadt de Berlin. Daniel, Ryley était assis seul sur un banc dans la cour, tirant nerveusement sur la manche de son sweat-shirt noir. Il jeta un coup d’œil furtif autour de lui avant de se glisser derrière le bâtiment du gymnase. Ses doigts tremblaient légèrement alors qu’il sortait une cigarette de son paquet soigneusement dissimulé.
“Daniel ! Tu es là !” La voix chaleureuse de Julia le fit sursauter. Il rangea précipitamment le paquet.
Julia apparut au coin du bâtiment, ses cheveux bruns clairs dansant dans la brise. Frank la suivait, ajustant ses lunettes rectangulaires d’un geste machinal.
“On te cherchait partout,” dit Frank en s’asseyant à côté de lui. “Ça va ? Tu as l’air… tendu.”
Daniel haussa les épaules, évitant leur regard. “Tout va bien,” murmura-t-il.
“Tu mens très mal,” sourit Julia en s’asseyant de l’autre côté. “C’est à cause de Nyla ?”
Le visage de Daniel s’assombrit à la mention de ce nom. Plus tôt dans la journée, Nyla l’avait bousculé dans le couloir, lançant assez fort pour que tout le monde entende : “Alors, toujours à te cacher derrière ta petite copine, Ryley ?”
“Elle ne vaut pas la peine que tu y penses,” intervint une nouvelle voix. C’était Marie Weber, une élève de leur classe que Daniel n’avait jamais vraiment remarquée auparavant. Grande, avec des cheveux roux attachés en queue de cheval, elle avait toujours un livre sous le bras.
“Nyla fait ça parce qu’elle est jalouse,” continua Marie en s’approchant. “Elle n’a pas d’amis comme les vôtres.”
“Jalouse ? Elle ?” Frank laissa échapper un petit rire incrédule.
“Bien sûr,” répondit Marie. “Regardez-vous. Vous êtes inséparables, vous vous soutenez mutuellement. Elle, elle n’a que ses suiveurs qui ont trop peur d’elle pour être sincères.”
Daniel leva les yeux vers Marie, surpris par cette analyse. Il ne put s’empêcher de remarquer la douceur de son regard.
“Tu devrais venir manger avec nous à midi,” proposa spontanément Julia. “Si tu veux, bien sûr.”
Marie sourit, révélant une petite fossette sur sa joue gauche. “J’aimerais beaucoup.”
À ce moment, la cloche sonna. Alors qu’ils se dirigeaient vers leur salle de classe, ils croisèrent Nyla et sa bande. Elle ouvrit la bouche pour lancer une remarque, mais s’arrêta net en voyant Marie avec eux.
“Un problème, Nyla ?” demanda calmement Marie.
“Merde,” marmonna Nyla avant de tourner les talons.
Plus tard ce jour-là, alors que Daniel rentrait chez lui, son père, Hans, remarqua quelque chose de différent dans son attitude.
“Tu as l’air… plus léger aujourd’hui,” dit-il en préparant le dîner.
Daniel hésita un moment avant de répondre : “J’ai peut-être fait une nouvelle amie.”
Hans sourit, son visage s’illuminant comme chaque fois qu’il voyait son fils heureux. “Ta mère serait fière de voir l’homme que tu deviens, Daniel.”
Daniel sentit sa gorge se serrer. Il pensa au paquet de cigarettes dans sa poche, à la promesse qu’il s’était faite d’arrêter, pour sa santé, pour son père, pour honorer la mémoire de sa mère. Peut-être qu’avec des amis comme Julia, Frank et maintenant Marie, il trouverait la force de tenir cette promesse.
“Papa,” dit-il doucement, “il faut que je te parle de quelque chose…”
Chapitre 2
Le lendemain matin, Daniel arriva plus tôt que d’habitude au lycée. Il n’avait pas bien dormi après sa conversation avec son père la veille – il n’avait pas eu le courage d’avouer pour les cigarettes, mais le simple fait d’avoir essayé le rendait nerveux.
“Eh, regardez qui voilà ! Daaaaniel !”
La voix moqueuse venait d’un groupe d’élèves près des casiers. Daniel serra les dents, gardant la tête baissée.
“Ryley, c’est pas un prénom de fille ?” lança un autre. “En plus de Daniel, le prénom de papi !”
“Fermez-la,” murmura Daniel, ses joues brûlantes de honte.
“Quoi ? On t’entend pas, Danielle !”
Les rires fusèrent dans le couloir. Daniel accéléra le pas, bousculant presque Julia qui arrivait dans le sens inverse.
“Daniel ?” Elle remarqua immédiatement son expression bouleversée. “Qu’est-ce qui…”
“Tiens, voilà la petite copine qui vient à la rescousse !” La voix stridente de Nyla résonna dans le couloir. Elle s’avança vers eux, un sourire mauvais aux lèvres. “C’est mignon, vraiment. La seule fille assez désespérée pour traîner avec un looser comme Danielle Ryley.”
Julia se retourna brusquement : “Tu sais quoi, Nyla ? Au moins, moi, je n’ai pas besoin d’être méchante pour exister.”
Le sourire de Nyla vacilla légèrement. “Oh, mais c’est qu’elle sort ses griffes ! Attention, elle pourrait pleurer comme quand ses parents ont divorcé !”
Daniel vit Julia pâlir. C’en était trop. Pour la première fois de sa vie, il sentit une colère froide remplacer sa timidité habituelle.
“Ça suffit,” dit-il d’une voix étrangement calme. “Mon prénom est Daniel. Pas Danielle. Daniel Ryley. Et tu sais quoi ? Je m’en fiche que tu le trouves ringard. Au moins, mes parents l’ont choisi avec amour. Et Julia ? C’est ma meilleure amie. Pas ma copine. Et elle vaut cent fois mieux que toi.”
Un silence stupéfait s’abattit dans le couloir. Même Nyla semblait sans voix.
“Bien dit, Daniel.”
Marie venait d’arriver, suivie de Frank. Elle tenait un livre à la main et regardait Nyla avec un mélange de pitié et de dégoût.
“Tu sais, Nyla,” continua Marie, “se moquer des prénoms des gens, c’est tellement… primaire. Presque aussi primaire que de harceler les autres pour cacher ses propres insécurités.”
Nyla ouvrit la bouche pour répliquer, mais à ce moment-là, Madame Becker, la professeure d’allemand, sortit de sa classe.
“Que se passe-t-il ici ?” demanda-t-elle en observant le groupe d’élèves.
“Rien, Madame,” répondit rapidement Nyla avant de s’éloigner, non sans lancer un regard noir à Daniel et Julia.
“Merci,” murmura Julia en serrant brièvement la main de Daniel.
“Non, merci à toi,” répondit-il. “D’être toujours là.”
Frank s’approcha et passa un bras autour des épaules de ses deux amis. “Vous savez quoi ? Je trouve que Daniel Ryley, c’est un super prénom. Ça fait… écrivain célèbre.”
“Ou rockstar,” ajouta Marie avec un clin d’œil.
Pour la première fois de la journée, Daniel sourit vraiment. Il regarda ses amis et réalisa que, peut-être, la force ne venait pas toujours d’être capable de se défendre seul, mais d’avoir des personnes sur qui compter.
“On va être en retard en cours,” dit-il finalement, mais son sourire ne quitta pas son visage.
Chapitre 3
La sonnerie annonçant la fin des cours résonna dans les couloirs du lycée. Daniel rangea rapidement ses affaires, le cœur battant légèrement plus vite. C’était son moment, celui qu’il attendait chaque jour : sa pause cigarette solitaire au Café Meerblick.
“Tu veux qu’on aille réviser à la bibliothèque ?” proposa Frank, ajustant ses lunettes.
“Pas aujourd’hui,” répondit Daniel, évitant son regard. “J’ai… quelque chose à faire.”
Il s’éloigna rapidement, serrant la bretelle de son sac à dos. Le café n’était qu’à quelques minutes à pied du lycée. Sa terrasse, surplombant la mer Baltique, était devenue son refuge. À cette heure-ci, elle était généralement déserte.
Daniel s’installa à sa place habituelle, tout au bout de la terrasse. Le vent marin ébouriffait ses cheveux tandis qu’il sortait son paquet de cigarettes. Ses mains tremblaient légèrement – elles tremblaient toujours quand il pensait à son père, à ce qu’il dirait s’il savait.
La veille, il avait failli lui avouer. Ils parlaient de son grand-père, l’atmosphère était paisible, propice aux confidences. Les mots étaient là, sur le bout de sa langue : “Papa, il faut que je te dise quelque chose…” Mais au dernier moment, la peur l’avait paralysé. Le souvenir de sa mère, emportée par un cancer, pesait trop lourd.
Il alluma sa cigarette, observant la fumée se mêler à l’air marin. C’était sa troisième de la journée. Il fumait plus depuis quelques semaines, depuis que la pression de l’exposé sur son grand-père s’était ajoutée à tout le reste.
“Un café, s’il vous plaît.”
Daniel sursauta. Cette voix… Julia ? Elle ne venait jamais ici d’habitude. Il se retourna lentement, la cigarette toujours entre les doigts. Leurs regards se croisèrent.
Julia resta immobile un instant, ses yeux fixés sur la cigarette. Daniel attendit la réaction – la déception, la colère, le sermon. Mais rien ne vint. Elle détourna simplement le regard, comme si elle n’avait rien vu, et s’assit à une table à l’autre bout de la terrasse.
Le silence qui s’installa était plus lourd que tous les reproches qu’elle aurait pu faire. Daniel écrasa sa cigarette à moitié consumée, mais n’osa pas partir. Du coin de l’œil, il observait son amie. Elle fixait l’horizon, ses mains serrées autour de sa tasse de café, une tension inhabituelle dans ses épaules.
“Tu veux en parler ?” finit-il par demander, sa voix à peine plus forte que le bruit des vagues.
“De quoi ? Du fait que tu te détruis la santé ou du fait que tu nous mens depuis des mois ?” Sa voix était calme, trop calme. Elle ne le regardait toujours pas.
“Julia…”
“Mon père fumait aussi,” coupa-t-elle. “Deux paquets par jour. C’est pour ça que maman est partie. Elle ne supportait plus de le voir s’empoisonner lentement.”
Daniel sentit son cœur se serrer. En cinq ans d’amitié, c’était la première fois qu’elle parlait de la vraie raison du divorce de ses parents.
“Je ne savais pas,” murmura-t-il.
“Non, tu ne savais pas.” Elle se leva, laissant un billet sur la table. “Et moi je ne sais pas si je peux continuer à regarder quelqu’un que j’aime se détruire. Pas encore une fois.”
Elle partit sans se retourner, laissant Daniel seul avec le bruit des vagues et le poids écrasant de ses secrets. Son paquet de cigarettes semblait soudain peser une tonne dans sa poche.
Il sortit son téléphone, fit défiler ses contacts jusqu’au nom de son père. Son pouce resta suspendu au-dessus du bouton d’appel. Pas aujourd’hui, pensa-t-il en rangeant son téléphone. Mais bientôt.
Dans sa poche, son paquet de cigarettes le brûlait comme une promesse non tenue…
Chapitre 4
“Daniel Ryley Weber !” appela le professeur pendant l’appel.
“Juste Daniel Weber,” corrigea-t-il automatiquement, comme il le faisait souvent. Ryley était son deuxième prénom, un héritage de sa mère qui aimait les prénoms anglais, mais il préférait qu’on l’appelle simplement Daniel.
Quelques rangées plus loin, Julia griffonnait dans son cahier, feignant d’être absorbée par ses notes. Cela faisait maintenant deux semaines depuis l’incident au Café Meerblick, et ils jouaient tous les deux un étrange théâtre de la normalité.
“Tu as fini les recherches pour l’exposé ?” demanda Frank pendant la pause, ajustant ses lunettes comme il le faisait toujours quand il était nerveux. Il avait senti que quelque chose n’allait pas entre ses deux amis, mais n’osait pas poser la question.
“Presque,” répondit Daniel, sa main effleurant inconsciemment la poche de sa veste où se trouvait son paquet de cigarettes. “Marie m’aide beaucoup.”
“En parlant de Marie,” intervint Julia d’une voix trop enjouée pour être naturelle, “elle m’a dit qu’elle avait trouvé des photos de ton grand-père dans les archives municipales.”
Daniel hocha la tête, reconnaissant de ce semblant de normalité, mais la tension était palpable. Chaque conversation semblait maintenant avoir un double sens, chaque silence était chargé de non-dits.
Après les cours, Daniel se dirigea comme d’habitude vers le Café Meerblick. Il s’arrêta net en voyant Julia assise à sa place habituelle. Elle regardait la mer, une tasse de thé devant elle.
“Tu peux t’asseoir,” dit-elle sans se retourner. “Je ne vais pas te faire la morale.”
Daniel s’installa lentement, sortant machinalement son paquet de cigarettes avant de le ranger, mal à l’aise.
“Tu sais,” continua Julia, fixant toujours l’horizon, “quand on était petits, tu me disais tout. Tu te souviens du jour où tu as cassé le vase préféré de ton père ? Tu es venu directement chez moi, paniqué.”
“Je m’en souviens,” murmura Daniel. “Tu m’as aidé à en trouver un presque identique.”
“Et quand ta mère est morte…” Sa voix se brisa légèrement. “Tu es resté silencieux pendant des semaines, mais tu venais quand même chez moi tous les jours. Tu ne parlais pas, mais au moins, tu étais là.”
Daniel sentit sa gorge se serrer. “Je suis toujours là, Julia.”
“Non,” répondit-elle doucement. “Tu es là physiquement, mais tu te caches. Derrière tes cigarettes, derrière ce masque de ‘tout va bien’. Le Daniel que je connais, celui qui porte fièrement le prénom de son grand-père et le deuxième prénom que sa mère a choisi… il ne mentirait pas à ses amis.”
Une larme roula sur la joue de Julia. Elle l’essuya rapidement.
“Je ne voulais pas te blesser,” dit Daniel, sa voix à peine audible par-dessus le bruit des vagues.
“Je sais. Mais tu le fais quand même.”
Elle se leva, posant une main sur son épaule avant de partir. Daniel resta seul, fixant la mer agitée. Il sortit son paquet de cigarettes et le regarda longuement. Sur le papier froissé, il pouvait presque voir le reflet de tout ce qu’il risquait de perdre – l’amitié de Julia, la confiance de son père, peut-être même la fierté de porter le prénom de son grand-père.
Son téléphone vibra. Un message de Marie : “J’ai trouvé d’autres documents sur ton grand-père. Il était plus jeune que toi quand il a commencé à aider les gens. Il disait toujours que le courage, c’est aussi savoir demander de l’aide.”
Daniel regarda une dernière fois la mer, puis se leva. Peut-être qu’il était temps d’avoir ce courage-là.
Chapitre 5
Le ciel de Berlin s’assombrissait progressivement, annonçant une soirée d’automne précoce. Daniel était toujours assis sur la terrasse du Café Meerblick, le message de Marie brillant encore sur l’écran de son téléphone. Un serveur s’approcha de sa table.
“On va bientôt fermer,” dit-il gentiment. “Tu veux autre chose avant de partir ?”
Daniel secoua la tête, ramassant son sac. En sortant, il croisa son reflet dans la vitrine du café. Ses yeux étaient cernés, ses épaules voûtées sous le poids de tous ses secrets. Il ne se reconnaissait plus.
Sur le chemin du retour, il passa devant la maison de Julia. La lumière de sa chambre était allumée, comme toujours à cette heure-ci. Combien de fois était-il venu frapper à sa fenêtre quand ils étaient plus jeunes ? Quand le monde semblait trop dur à affronter seul ?
Son téléphone vibra à nouveau. Frank cette fois : “Hey mec, Julia agit bizarrement depuis quelques jours. Tu sais ce qui se passe ?”
Daniel fixa le message un long moment avant de répondre : “On devrait se voir tous les trois. Demain après les cours ?”
La réponse fut immédiate : “Ok, mais pas au café habituel. Viens chez moi.”
En rentrant chez lui, Daniel trouva son père endormi sur le canapé, des photos éparpillées sur la table basse. Il s’approcha doucement. C’étaient des photos de sa mère, de son grand-père, de leur famille. Sur l’une d’elles, son grand-père Daniel se tenait devant une vieille maison, entouré des familles qu’il avait aidées pendant la guerre. Il avait le même âge que Daniel maintenant.
“Papa ?” appela doucement Daniel.
Hans Weber se réveilla en sursaut. “Oh, tu rentres tard.”
“Je peux te parler de quelque chose ?”
Le cœur de Daniel battait si fort qu’il était sûr que son père pouvait l’entendre. Hans se redressa, faisant de la place sur le canapé.
“Bien sûr, fils. Qu’est-ce qui te préoccupe ?”
Daniel ouvrit la bouche, mais aucun son n’en sortit. À la place, il sortit le paquet de cigarettes de sa poche et le posa sur la table basse, juste à côté de la photo de son grand-père.
Le silence qui suivit sembla durer une éternité. Hans fixait le paquet, son visage indéchiffrable.
“Depuis combien de temps ?” demanda-t-il finalement, sa voix étrangement calme.
“Trois ans,” murmura Daniel.
Hans ferma les yeux, prenant une profonde inspiration. Quand il les rouvrit, ils étaient brillants de larmes.
“Tu sais,” dit-il doucement, “ta mère fumait aussi, quand je l’ai rencontrée. Elle a arrêté le jour où elle a appris qu’elle était enceinte de toi. Elle disait que certaines choses valaient plus que cette dépendance.”
Daniel sentit les larmes lui monter aux yeux. “Je suis désolé, papa.”
“Je ne suis pas en colère,” répondit Hans, posant une main sur l’épaule de son fils. “Je suis inquiet. Et triste que tu n’aies pas pu m’en parler plus tôt.”
“Julia l’a découvert,” avoua Daniel. “Elle ne m’a rien dit, mais je sais qu’elle est déçue.”
“Julia t’aime, fils. Comme nous t’aimons tous. C’est pour ça que ça fait mal de te voir te faire du mal.”
Le lendemain, la journée de cours sembla interminable. Nyla fit une remarque désagréable sur son air fatigué, mais pour une fois, Daniel ne l’entendit même pas. Son esprit était focalisé sur la réunion à venir chez Frank.
Marie le rattrapa à la sortie du cours d’histoire. “J’ai trouvé d’autres documents sur ton grand-père,” dit-elle avec enthousiasme. Puis, remarquant son expression : “Tout va bien ?”
“Je ne sais pas,” répondit-il honnêtement. “Mais peut-être que ça va aller mieux.”
Chez Frank, l’atmosphère était tendue. Julia était assise sur le lit, jouant nerveusement avec un fil de sa manche. Frank faisait les cent pas, ses lunettes glissant sur son nez.
“Alors,” commença Frank, “quelqu’un va m’expliquer ce qui se passe ?”
Daniel sortit son paquet de cigarettes et le posa sur le bureau de Frank. “Je fume depuis trois ans. Julia l’a découvert il y a deux semaines. Et hier soir, je l’ai dit à mon père.”
Frank s’arrêta net de marcher. “Quoi ?”
“Je suis désolé de vous avoir menti. À tous les deux. Je… j’avais peur. De vous décevoir. De ressembler à ton père, Julia. De faire du mal au mien après tout ce qu’il a traversé.”
Julia se leva brusquement et, à la surprise générale, serra Daniel dans ses bras. “Espèce d’idiot,” murmura-t-elle. “Tu nous fais plus de mal en te cachant qu’en nous faisant confiance.”
Frank s’approcha maladroitement. “Donc… c’est pour ça que tu disparaissais toujours après les cours ?”
Daniel hocha la tête. “Au Café Meerblick. La vue sur la mer… ça me rappelait les vacances qu’on prenait avec maman.”
“Et maintenant ?” demanda Julia, s’écartant pour le regarder dans les yeux.
“Maintenant… j’ai besoin d’aide. Papa m’a trouvé un thérapeute spécialisé dans les addictions pour adolescents. Je commence la semaine prochaine.”
“On sera là,” dit Frank fermement. “À chaque étape.”
“Et l’exposé sur ton grand-père ?” demanda Julia.
“Je vais le faire. Marie a trouvé tellement de choses… Il n’était pas parfait, vous savez ? Il avait aussi ses démons, ses peurs. Mais il a choisi d’être courageux malgré tout.”
“Comme toi,” dit Julia doucement.
Cette nuit-là, en rentrant chez lui, Daniel passa à nouveau devant le Café Meerblick. La terrasse était vide, la mer agitée sous la lune. Il sortit son paquet de cigarettes, le dernier qu’il s’était autorisé à acheter.
“Daniel ?”
Il se retourna. Marie était là, un dossier sous le bras.
“Je venais justement chez toi,” dit-elle. “J’ai trouvé le journal de ton grand-père. Il y a un passage que tu devrais lire.”
Elle ouvrit le dossier et lut à la lueur d’un réverbère : “‘Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la volonté d’avancer malgré elle. Chaque jour, je choisis d’être un peu plus fort que mes faiblesses.'”
Daniel regarda son paquet de cigarettes une dernière fois, puis le jeta dans la poubelle la plus proche.
“Tu veux marcher un peu ?” proposa Marie. “Je peux te raconter d’autres histoires sur ton grand-père.”
Daniel sourit, son premier vrai sourire depuis des semaines. “J’aimerais beaucoup.”
Ils marchèrent le long de la plage, laissant derrière eux le Café Meerblick et ses secrets. Demain serait un autre jour, avec ses propres défis, mais pour la première fois depuis longtemps, Daniel ne se sentait plus seul face à eux.
Merci d’avoir lu ce tome, j’espère qu’il vous aura plu ! J’ai voulu faire passer un message à propos des addictions.
Comme vous avez pu le remarquer, je n’ai pas mis d’images pour que vous puissiez vous imaginer les sennes comme vous les voyez !
Si cela vous a plu, n’hésitez pas à passer mettre un petit commentaire d’encouragement ! Cela fait toujours plaisir, sur ce bonne journée/soirée ! ☺

